Mille euros pièce. C’est le prix de mise en vente sur internet des vinyles originaux de Joni Haastrup et de son groupe MonoMono, dont la côte a explosé depuis la (re)découverte d’une poignée de leurs morceaux sur plusieurs compilations de funk nigérian des années 70, notamment Nigeria Special ! et Nigeria Rock Special ! sur le label anglais Soundway. Magnanime, celui-ci offre aujourd’hui aux amateurs la possibilité de se procurer, pour une somme beaucoup plus modique, trois albums de ce chanteur et multi-instrumentiste jadis connu comme le « Soul Brother Number One » de Lagos. S’il y a sans doute quelque chose du grand James dans le style vocal et la conscience politique de Joni, ses premières productions reflètent aussi l’influence des courants fusion et blues-rock UK de l’époque. C’est en effet après avoir été invité à Londres pour participer au projet Air Force de Ginger Baker (batteur de Cream), qu’il fonda le groupe MonoMono à Lagos en 1971. Après deux albums de funk yoruba millésimés à la tête de cette formation, il regagna la capitale anglaise en 1978 pour y produire son premier opus solo, marqué par une orientation plus disco.